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« NOS PLUS BELLES ANNEES » Marie-Céline Kiki

A Masuku, dans les années 90, la radio diffusait les émissions de Marie-Céline Kiki. Rendez-vous quotidiens ou hebdomadaires, retrouvailles d’auditrices. Proximité.

LA PAROLE S’ENVOLE

Les années 90 ne sont pas si loin que ça. Trente saisons sèches, trente saisons de pluie. Les enfants ont grandi, les maisons continuent de vivre, et le même manguier est au fond du jardin. Quand elle parle de sa mère, Sarah Yenault ouvre ces souvenirs… plus que la radio. Elle se rappelle des émissions bien sûr. Mais surtout de ses mots, de son infinie patience, de cette femme assise dans sa chambre et qui lisait de longues heures. « Une femme ne lit pas vite-vite, disait-elle. Il faut prendre son temps, pour que l’histoire vienne. »

Il y aura bientôt un an, le 4 juin, disparaissait Marie-Céline Kiki. Les Gabonais du Haut-Ogoué, les mamans de Franceville et Masuku ont tous connu la voix de cette jeune femme, entrée à la radio de Franceville en 1985. En somme, la génération qui a suivi celle des précurseurs. Georges Rawiri, Albert Yangari et, plus proche des auditrices, de Vicky Fournier. Marie-Céline s’est inscrite dans cette lignée.

Il n’y a pas de bonne radio sans proximité
Elle avait 19 ans. En quelques années, elle deviendra l’une des animatrices attitrées de la fréquence. Comme Vicky, celle qui donnait la parole aux femmes, qui prodiguait ses bons conseils et ses recettes populaires. Ce sens de la proximité nous avait séduits.  C’est d’ailleurs à cette époque que notre magazine l’avait rencontrée.

Elle le disait alors, ce métier est d’abord une rencontre. On ne fait pas de la radio pour soi. A l’autre bout, il y a une auditrice, l’oreille collée au transistor (les années 90), parfois un carnet de notes à côté. Parfois des larmes dans les yeux. Parfois… « Les émissions avaient beaucoup de succès, parce notre mère savait mettre à l’aise tout le monde. Et c’était la même chose à la radio. Que la personne se sente chez elle», explique sa fille, très émue.

” … notre mère savait mettre à l’aise tout le monde. Et c’était la même chose à la radio. Que la personne se sente chez elle “; Sarah Yenault.

Jusqu’en 1999, elle a donc tenu l’antenne, avant de rejoindre Radio Gabon où elle exercera par la suite le montage et le mixage des émissions. Jusqu’au bout, ses collègues apprécieront  « ce tempérament enjoué, et capable d’assurer une grande rigueur technique. » Ce que son frère Kounda lui a suggéré quand elle est entrée dans ce domaine. Quelques années plus tôt, il avait été directeur général de la radio gabonaise. Marie-Céline l’étonnera toujours, par sa formidable aptitude à se fondre dans des univers différents, attentive, discrète et professionnelle.

La RTG, chaîne publique, lui a consacré quelques minutes en juin dernier. Pour ses camarades de travail, la disparition d’une pro, mais surtout d’une amie. Début juin, la rédaction d’Amina adressera à sa famille son meilleur souvenir.

R. Calmé
Photos familiales

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Written by Roger Calmé

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