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L'ambition d'élire une Miss de la virginité soulève la polémique au Gabon

Portées par l’ambition de promouvoir la virginité chez les jeunes filles, deux associations religieuses se sont proposées d’élire une ambassadrice spécialement dédiée à la préservation des moeurs, à travers un concours de miss nommé « La Reine des Vierges » prévu du 3 juin au 5 août à Libreville. Une initiative identique à celle du Togo qui a créé la polémique et a été interdite par le gouvernement. 

Engagées dans la préservation des mœurs, l’Association des femmes missionnaires pour Christ (AFMC) et Femmes sages pour Christ (FSC) ont lancé l’initiative suivante : élire une ambassadrice de la virginité à travers un concours de miss nommé «Reines des vierges du Gabon».

A travers la première édition de ce concours, prévu du 3 juin au 5 août prochain, les deux associations entendent dénicher celle qui servira de modèle à la jeunesse gabonaise. Soit «une grande sœur modèle : vierge, mature, intelligente, apte et capable de convaincre les autres à se préserver, en attendant d’avoir atteint ses objectifs», a déclaré un membre de FSC, par ailleurs sage-femme au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL).

Les candidates se soumettront en amont à un test de virginité, notamment. Après leur élection, les «vierges» feront le tour des établissements scolaires pour prôner l’abstinence sexuelle comme moyen de lutte efficace contre les infections sexuellement transmises, les grossesses précoces, les déperditions scolaires, etc.

Dans le but d’informer la jeunesse gabonaise sur cet évènement, une campagne de sensibilisation vient d’être lancée auprès des filles, âgées d’au moins 16 ans. Le collège Bessieux de Libreville a marqué la première étape de cette caravane, lancée le 20 avril dernier.

Il va sans dire que cette initiative crée la polémique. Nombreux se sont indignés contre ce concours moraliste, tandis que d’autres ont relevé l’inégalité de ce concours uniquement dédié aux femmes. En effet, pourquoi ne pas élire un Mister Puceau ?

De plus, le gouvernement n’est pas resté longtemps silencieux à ce sujet. Nous avons lu dans le magazine Gabon Media Time, que « le ministre de l’Intérieur, Lambert-Noël Matha a fait convoquer le 27 avril 2017, les organisateurs de ladite manifestation pour leur signifier les risques de stigmatisation et d’atteinte aux bonnes mœurs qui découleraient d’une telle organisation. » Le ministère, loin d’être convaincu des objectifs de cette initiative a alors souhaité que ce concours ne voit pas le jour, estimant qu’en «entreprenant de recruter, de faire subir des examens médicaux à des mineurs qui n’ont pas encore le libre arbitre, pour rechercher un statut de virginité à l’effet d’organiser un concours, viole la législation en vigueur en matière de protection des mineurs en République Gabonaise et porte atteinte aux bonnes mœurs». Et de poursuivre qu’il est difficile de «laisser prospérer une telle entreprise préjudiciable à la dignité et à la sécurité de ces mineurs et qui heurte notre contexte culturel, notre vivre ensemble…notre sociologie, en exposant ses jeunes filles à plusieurs risques».

Certes, les concours de Miss très nombreux en Afrique peuvent offrir une image dévalorisante pour les femmes, aux yeux de certains. A l’opposé, même si l’idée d’élire une ambassadrice de la virginité peut provenir d’un bon sentiment, il peut sembler hors du temps et inégalitaire pour la gente féminine à laquelle on impose de montrer l’exemple.

Par Céline Bernath

 
 

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