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« L’AFRIQUE EST SUR UN TRAMPOLINE »

Pour que l’Afrique respire, pour qu’elle prenne son élan, pas de solution miracle. Les forces sont là, le talent aussi. Aux jeunes et aux femmes, le travail convaincu d’Aïssata Lam.

« Que ce ne soit pas seulement des mots ». En juin dernier, lors du “sommet des Deux rives”, à Marseille, Aïssata Lam accompagne dix talents mauritaniens venus présenter leurs projets. Quelques mois plus tôt, en février, Emmanuel Macron l’a nommée membre du Conseil Consultatif pour l’égalité Femmes-Hommes. La mission est de travailler à un agenda mondial visant l’émancipation économique des Africaines, la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, l’éducation des femmes et des filles. Aïssata Lam n’entend pas servir de caution. Elle l’a dit très clairement : « pas seulement des mots ».

Un parcours assez remarquable que le sien. Pour commencer, des études (brillantes) au Canada, puis à Harvard, en finance coopérative et internationale. Mais cette question aussi dès l’obtention des diplômes: « Mes années à Montréal ont été fructueuses en terme d’expérience et d’apprentissage. Mais j’avais l’impression de ne pas contribuer à grand-chose (…). » Et son regard revient alors sur la Mauritanie, son pays d’origine. La création de la Chambre de commerce des jeunes (2013) s’inscrit dans cette logique d’efficacité : l’entrepreneuriat des jeunes. Dynamiques, qualifiés, mais frappés par le chômage.

Pas question de service de caution. Se battre ici, en France et assompagner les projets en Mauritanie.

Le ciel est la seule limite
A partir de là, ses initiatives se sont multipliées. Un an plus tard, elle initie le programme « Mauritaniennes d’exception ». Plaidoyer passionné : « Les Africaines sont déjà très fortes, » explique-t-elle. « Leur place est centrale dans nos économies, en particulier dans le monde rural. Il y a certes une différence de statut, un plus faible accès au capital et à la terre, mais on n’a pas de modèle à calquer. » Tout juste faciliter. Puis ce sera la FAO où elle travaille sur le financement des plus démunis. Entre autres de ces femmes (et hommes) cultivateurs, victimes de la sécheresse. « Il s’agit par exemple de mettre en place des mécanismes pour pallier aux fluctuations du marché local et de prendre en compte la volatilité du calendrier agricole et de la saison des pluies. » Du concret.

« J’espère que nous serons autant impliqués dans la mise en œuvre des projets que dans leur conception » insistait-elle lors de la présentation des talents mauritaniens. Pas question de servir de caution. Elle se bat ici, en France, elle accompagne là-bas en Mauritanie. Et si vous lui demandez comment conçoit-elle l’Afrique : « Je la vois, sans frontière, acoustique et belle. Notre slogan à la jeune Chambre c’est « Osez vous propulser » ! (…) l’Afrique est sur un trampoline et si elle met la force nécessaire… Sky is the limit. » Le ciel est la seule limite !

Roger Calmé
Photo DR

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Written by Roger Calmé

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