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Viols : paroles aux victimes !

Victime de violences sexuelles à l’âge de six ans, Line Anguissa se bat aujourd’hui pour les victimes. Son association « Tulipes » vient d’être officialisée. Lieu d’accueil, lieu de vie.

Un pas de plus. « On existe. » Il y a quelques jours, Line Anguissa a laissé ce message sur le messenger de la rédaction. « On existe », celles qui en ont souffert, celle qui voulaient parler et à qui on l’interdisait, celles qui souffrent encore, celles qui veulent aider aussi.

Depuis 2017, et le moment où elle a décidé de parler, Line Anguissa suit un chemin obstiné. Cette fois, elle ne se taira pas. « Le viol des enfants et des fillettes bénéficie trop du silence, » dit-elle. Aux victimes, la jeune femme veut donner la parole. Steve Bogongaud, psychologue, assure déjà l’accueil des victimes. « On est à deux pour tenir la permanence, et le numéro que nous donnons est ouvert en continu. Ensuite, nous avons pris des contacts avec des établissements scolaires. » La sensibilisation sera l’autre pôle important.

Aucun lieu où se confier
Il n’existe actuellement aucune statistique officielle sur les viols d’enfants et de jeunes filles au Cameroun. On sait que la recrudescence des violences dans les provinces du Nord-ouest et du Sud-ouest y participe. « Les Ong en milieu urbain constatent aussi un nombre sans cesse croissant, à l’intérieur des familles et en milieu scolaire. Mais les lieux d’écoute sont inexistants et les aides à l’accueil dérisoires. », confirme Line Anguissa. L’association est dans l’urgence de subsides. « Et les besoins sont tellement importants. » 

Il ressort d’une récente étude de santé publique que sur une population de 37 719 filles et femmes camerounaises, 5,2% ont été victimes de viols, et près d’un quart d’entre elles avaient moins de 10 ans au moment des faits. Selon d’autres sources, 60% des adolescentes entre 14 et 16 avaient été forcées à des relations sexuelles.

Tél. (permanence) : (00 237) 694 10 60 49
Contact : tulipe05@yahoo.com
@thisislandofpeace (Facebook) met aussi une boîte à disposition.

« Un nombre de viols sans cesse croissant, à l’intérieur des familles et en milieu scolaire.  » Line Anguissa

Masha Leboang et RC
Photo DR

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