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« LA FEMME PORTE L’AFRIQUE » (*)

Elle ne s’en démarque jamais. C’est sa ligne de conduite, sa trajectoire. Naky Sy Savané continue d’associer le cinéma et son engagement de femme. Les films se succèdent, et elle affirme toujours, haut et fort, qu’elle est une féministe, et que les choses doivent changer.

Elle ne s’en démarque jamais. C’est sa ligne de conduite, sa trajectoire. Naky Sy Savané continue d’associer le cinéma et son engagement de femme. Les films se succèdent, et elle affirme toujours, haut et fort, qu’elle est une féministe, et que les choses doivent changer.Par Roger CalméC’est vrai sur l’écran, c’est vrai dans la vie de tous les jours. Il y a deux ans, « Frontières », présenté au Fespaco (Ouagadougou), lui avait donné l’occasion d’incarner l’une de ces femmes au quotidien. Une histoire de déplacement entre le Sénégal et le Nigeria. Une piste hautement incertaine, réalisée au courage, pour la survie de leur famille. Ce sont ces rôles qui lui ont conféré sa réputation continentale. Et quand elle parle…En créant, il y a huit ans, le Festival international du Film des lacs et des lagunes (Festilag), c’était donc son intention de placer ces femmes au centre du débat. Lors de la précédente édition (du 12 au 16 novembre), elle a voulu remettre plus spécialement les actrices et réalisatrices dans la lumière. Nombre d’entre elles ont des parcours courageux, mais souvent peu visibles. La scène se passait à Grand Bassam, non loin d’Abidjan (Côte d’Ivoire). Elle avait valeur de symbole et aurait pu inspirer une scène de film.

« Que nous ne soyons plus des laissées pour compte… »

« Le métier de comédienne en Afrique est difficile. L’actrice est mal vue et toujours jugée. On croit même que ce n’est pas un métier noble, en comparaison d’autres, »
….disait-elle dans une interview à France Info. Inspirée par les pionnières, Naky Sy Savané s’était lancée le défi de les réunir pour une rencontre historique. Elles ont pour nom Thérèse Mbissine Diop, Aï Keïta (Burkina), Touria Jabrane (Maroc), Fatoumata Coulibaly (Mali), Zalika Souley (Nigeria). Comme le festival n’en a pas les moyens financiers, certaines sont venues sur leurs propres finances. « Que nous ne soyons plus des laissées pour compte… »


Le 13 novembre, ces femmes se sont retrouvées sur le pont de la Victoire, à Grand-Bassam. Le choix de l’endroit n’était pas anodin. « Ce pont est celui sur lequel, à l’époque de la colonisation en 1949, les femmes ont affronté les colons pour aller libérer leurs maris », explique encore l’actrice. Des associations féministes ont accompagné les comédiennes. Des pionnières, insiste encore Naky Sy Savané, qui écouteront ensemble cette Déclaration, laquelle inaugure la 1ère Assemblée Générale des comédiennes africaines.« Le but de l’Association est d’organiser notre profession afin que nous ne soyons plus des laissées pour compte et que nous ne soyons plus fragilisées. »

L’actrice sénégalaise voit d’ailleurs au-delà du Continent africain… et du métier du cinéma. Elle rejoint l’histoire de « Frontières », de ces femmes qui se battent, travaillent, forcent les barrières. « Qu’elles soient jaunes, rouges ou blanches. Nous avons toutes les mêmes problèmes ! C’est là que nos combats se rejoignent. Avec l’évolution des moyens de communication, nos voix deviennent plus audibles. »

(*) Film d’Idriss Diabaté (Burkina Faso, 2009)

Roger Calmé
Photo DR

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