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Interview Fatou Guinéa : back to work after work !

Des tailleurs pour aller travailler, du brocart et des sequins pour les soirées afterwork, Fatou Guinea arbore des looks que vous pourrez dénicher facilement !

Par Charlotte Seck, pour le Magazine papier

D’origine guinéenne, Fatou a 23 ans et a grandi en banlieue parisienne. Elle commence par des vidéos sur Instagram suivi par 565 000 abonnés et Facebook, où elle dépasse aujourd’hui le million de vues. Son succès, elle le doit à son naturel, et son aisance à faire participer ses proches à l’image de sa maman. Bien que titulaire d’une licence en commerce et marketing, elle a décidé de se consacrer entièrement à sa carrière humoristique et envisage même le cinéma !

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Parlez-nous de votre enfance…

Mon père était professeur de mathématique et ma mère aide-soignante. J’ai grandi dans une famille de classe moyenne, assez ouverte d’esprit. Adolescente, j’étais une bonne vivante, très sociable, celle qui avait toujours une blague à faire. Je n’avais pas d’ennemis, j’étais assez aimée de mes amis.

Comment la comédie est arrivée dans votre vie ?

Depuis mon plus jeune âge j’ai été encouragée par mes proches. À 17 ans, j’ai commencé à faire du théâtre quand je suis rentrée en BTS. Mais l’idée d’intégrer une troupe ne me plaisait pas spécialement, c’était difficile de se mélanger à des gens que je ne connaissais pas. Je me rappelle lors de ma première présentation, j’avais appris mon texte trois semaines avant le jour J. Au final c’était l’une des meilleures expériences que j’ai eue à vivre, c’était vraiment super.

Qu’est ce qui vous a poussé à faire des vidéos sur les réseaux sociaux ?

À la base, je n’avais pas assez confiance en moi pour me jeter dans l’arène des réseaux sociaux et j’ai finalement sauté le pas avec une vidéo humoristique faite avec ma mère. Elle a cartonné et depuis je suis là, je fais rire mes followers. J’adore.

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Quels sont les sujets que vous abordez ?

J’évoque des sujets de la vie de tous les jours, qui peuvent arriver à tout le monde et surtout du vécu. Je me base sur les situations que l’on vit au jour le jour, comme la vie de couple ou les relations mères-filles.

Vous faites souvent participer votre mère ? Est-ce que c’est spontané ?

Oui c’est spontané, je la filme sans prévenir parce que j’ai une très belle complicité avec elle qui fait que je peux me permettre de faire certaines choses. Ses réactions sont totalement naturelles et ses punchline viennent du cœur.

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Que pense-t-elle de la comédie ?   

Au début, elle ne la voyait pas d’un bon œil car elle avait un peu peur du regard des autres. Pour en finir, elle a bien compris que c’était ma vocation et je suis très soutenue.


Pensez-vous à une carrière au cinéma ? Quid du stand-up ?

Je pense effectivement au cinéma et j’aimerais prendre des cours pour tenter de faire ressortir ce que j’ai de meilleur en moi. Après on me pousse davantage vers le stand-up car c’est très spontané et je suis plutôt à l’aise avec l’exercice.


Vous faites souvent des duos avec Samir votre petit-ami…

J’ai rencontré Samir lors d’un tournage et on a tout de suite accroché. Le lendemain je devais faire une vidéo avec une autre personne qui n’a pu être là, et j’ai tout de suite pensé à lui. Ce dernier a accepté et nous avons depuis une forte complicité. Il compte beaucoup pour moi.

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Quel lien avez-vous avec votre pays d’origine ?

Je suis partie en Guinée à l’âge de 13 ans. Avec mon nom B-Guinea il y a beaucoup des Guinéens qui me soutiennent, et qui me demandent de venir au pays pour faire des représentations.


Que pensez-vous de la jeunesse africaine sur le continent et dans la diaspora ?


Je pense qu’elle est très investie et souhaite réaliser de grandes choses. Mais les jeunes qui sont en Afrique n’ont pas forcément les moyens et la chance de développer leurs talents. Je pense que nous, jeunes de la diaspora, devons essayer à travers notre influence de tendre la main à la jeunesse africaine et l’aider dans ses projets.


Votre couleur de peau, un frein ou plutôt une source de motivation ?

Ma couleur de peau est la plus belle chose qui me soit arrivée, je suis très fière d’être noire. Être noire, c’est avoir une histoire et avoir un passé, je me sens bien dans ma peau. C’est une source de motivation mais ce n’est pas un frein. Les femmes noires sont sous-estimées, je trouve ça dommage parce que nous sommes intelligentes, belles, fortes de caractère et avons la pugnacité de supporter pas mal de choses. Le monde doit évoluer, mais on entend toujours des remarques comme « tu es belle pour une Noire ». Cela n’a pas lieu d’être.

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Que pensez-vous du racisme sur les réseaux sociaux ?

J’ai commencé à le ressentir avant même d’être influenceur à partir de 2015. Je l’ai particulièrement subi vis-à-vis de Samir qui est mon binôme et qui est marocain. Au début, notre duo dérangeait pas mal de monde, et les insultes racistes ont fusé à base de « sale noire, singe… ». Au début je répondais spontanément car je trouvais ça anormal de s’adresser de cette façon à un être humain. Il y avait une suprématie qui s’installait dans le cœur de certains internautes et j’ai trouvé ça dommage et triste. Avec le temps et le soutien de Samir, de ma famille et de mes amis, j’ai pu faire abstraction de tout ça. Le racisme sur les réseaux sociaux est banalisé et cela peut aller très loin malheureusement.


Quelle est votre stratégie pour que les critiques négatives ne vous affectent pas ?

Les critiques affectent beaucoup mes proches, à vrai dire bien plus que moi. Je n’ai rien contre le fait que les gens n’aiment pas ce que je propose, on ne peut pas plaire à tout le monde mais il y a deux choses : la critique positive que j’accepte volontiers, mais les critiques racistes, souvent liées à mon physique, ou au personnage que je joue, là c’est niet. Les auteurs de ces commentaires sont sans doute frustrés, malheureux et s’attaquent à nous pour se défouler. En réalité c’est la face cachée des réseaux sociaux, de notre métier, et on doit supporter même si c’est la partie la plus ingrate et difficile. Ça forge le caractère ! Moi je préfère faire rire les gens, on est dans un monde en manque de bonne humeur, j’ai donc choisi de véhiculer des sourires.


Votre style ?

J’ai un style assez simple qui s’adapte à toutes les situations, classe sans être prises de tête. Et ça ne me dérange pas de sortir sans maquillage. Le plus important est de prendre soin de sa peau et de ses cheveux !

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Written by Redaction

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