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Halte aux crimes rituels

Une fillette de deux ans éventrée à Libreville
La semaine dernière, le quartier Nkembo dans la capitale gabonaise a été le théâtre de l’horreur absolue. Euphrasie Ntsamé, deux ans, a été retrouvée inconsciente, chez des voisins. Ces derniers avaient pour objectif d’effectuer un sacrifice rituel en tentant de dépecer l’enfant vivante. La population gabonaise, sous le choc, dénonce la persistance de ces croyances d’un autre temps.
Dans l’après-midi du mercredi 10 juin dernier, la famille de la petite Euphrasie constatant son absence se lance à sa recherche. Grâce à l’obstination de sa famille, Euphrasie est retrouvée inanimée chez un voisin. Ce dernier, en compagnie de deux complice ont essayé de retirer des organes de l’enfant âgée de deux ans, en prenant soin de maquiller ses cris avec une musique assourdissante. Âgés de 18 à 22 ans, les trois suspects, Amzat, Ndong Adamou et Phelia Andjomo Romeno, ont déclaré avoir agi à titre pécuniaire pour le compte de certaines autorités du pays.
Une population sur le qui-vive
C’est un énième crime rituel qui a donc bouleversé la population gabonaise. Pourtant, le 11 mai dernier, les gabonais sont descendus en masse dans les rues de la capitales pour manifester leur colère face à la recrudescence de ce genre de crimes, avec la première dame, Sylvia Bongo, en tête du cortège. En effet, depuis 2013, 24 assassinats ont été attribués à cette pratique par l’Association de Lutte contre les crimes Rituels au Gabon.
Un phénomène africain
Malheureusement, de nombreux pays d’Afrique sont martyrisés par ces pratiques révoltantes. Il y a quelques mois, nous faisions déjà part des nombreuses attaques dont sont victimes les albinos en Tanzanie afin de satisfaire des croyances mystiques. Ces crimes ont donné lieu à une loi punitive contre la pratique de la sorcellerie. En janvier 2013, c’était le Cameroun qui avait dû faire face à une série de crimes visant des jeunes femmes pour nourrir un trafic d’organes avec le Gabon voisin. En début d’année, tous les parents de Côte d’Ivoire étaient en alertes face aux multiplications de disparitions et de mutilations d’enfants. Aux bancs des accusés, toutes les couches sociales sont confondues : personnalités hauts placées en quête de toujours plus de pouvoir ou laissés pour compte ayant soif de richesse.
Pour l’heure, la petite Euphrasie reçoit des soins médicaux dans l’espoir d’un prompt rétablissement. Son histoire a fortement ébranlé le Gabon, mais a éveillé toutefois les consciences qui interpellent une condamnation ferme contre l’impunité dans ce contexte précis.
Par Auzouhat Gnaoré

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Written by Roger Calmé

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