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Haibata Niampa : « J’espère contribuer à l’éclosion de notre footbal »

Haibata Niampa assure l’encadrement technique de Princesses FC, une équipe qui a fait les beaux jours du football féminin au Burkina Faso. Professeur de français, elle organise son emploi du temps pour le football, une passion qu’elle entretient depuis l’enfance. Pour son engagement dans le football, elle a reçu un trophée d’honneur aux Sabots d’or 2019 au Burkina. Une amazone qui veut apporter sa pierre à l’édification du football féminin dans son pays.

Interview réalisé par Zakaria Yéyé, pour le numéro 591 d’Amina Magazine

À quand remonte cette passion pour le football ?

J’ai toujours aimé ce sport et j’ai commencé à jouer avec les garçons de mon âge à l’école primaire et dans le quartier. Une fois au collège, j’ai pu intégrer une équipe, Les amazones, et jouer contre d’autres équipes féminines. En 2000 j’ai intégré Princesses FC, une équipe plus organisée avec laquelle j’ai tout remporté au niveau national et quelques fois à l’international. En 2011, je me suis reconvertie dans l’encadrement de la même équipe.

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Vous avez été joueuse, quels souvenirs gardez-vous de cette période ?

Les souvenirs foisonnent et c’est toujours avec émotion que je les évoque. De ma première licence signée en 2000, à ma sélection en équipe nationale en 2006, en passant par la finale remportée en 2002 au tournoi international de football féminin des Cinq Nations. J’espère avoir contribué à l’éclosion de notre football féminin. Mais mon plus grand souvenir reste la finale remportée face à l’équipe de Sienne, au tournoi international de football féminin en Italie en 2008. Un autre souvenir moins gai est le braquage du car des Princesses par des bandits armés sur la route du retour de Cotonou où nous avions pris part à une compétition.

Quand avez-vous entamé votre reconversion et à quelle étape êtes-vous aujourd’hui ?

En 2009, j’étais joueuse mais déjà le coach me donnait des responsabilités. Je m’occupais des jeunes en leur proposant des exercices techniques basiques comme le contrôle, la passe, la conduite de balle… En 2011, je me suis inscrite à des stages de recyclage, comme des stages FIFA et un stage KNVB (de la fédération néerlandaise de football). Entre-temps en 2013, j’ai validé la licence C de la CAF et la licence B de la Fédération Burkinabé de football. Je suis en cours de validation de la licence B de la CAF.

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Dirigeante et entraîneur, comment portezvous ces deux casquettes ?

Avez-vous une idole qui vous inspire ? Diriger l’équipe n’est pas nouveau pour moimême si c’est la première fois que mon nom apparaît dans un procès-verbal (rires). En effet, j’ai longtemps côtoyé une grande dame du football féminin, présidente et fondatrice des Princesses du Burkina, Mme Karama qui n’est plus à présenter en Afrique (Commissaire CAF et FIFA). Elle m’a prise sous son aile et m’a initiée petit à petit à l’environnement du football. Quand ses responsabilités de diplomate l’ont emmenée hors du pays, naturellement, j’ai tenté de combler le vide qu’elle a laissé avant qu’un nouveau bureau ne s’installe. À l’assemblée générale de renouvellement du bureau de l’équipe, le nouveau président a souhaité être secondé par une femme qui connaissait le club et son histoire ainsi que l’environnement politique et organisationnel du football féminin au Burkina Faso. C’est ainsi que je suis devenue vice-présidente des Princesses. Mais je reste attachée à ma qualité d’entraîneur et cherche à me perfectionner pour de meilleurs résultats. Sans Mme Karama je ne me serais peut-être pas autant engagée dans le football surtout après ma carrière de joueuse. Elle m’a inspirée par son engagement, ses qualités managériales et ses qualités humaines. Elle est une mère pour moi, mon amie, ma conseillère, mon guide et surtout, elle m’a donné les chances de m’épanouir en participant en tant que joueuse d’abord à plusieurs compétitions internationales et en tant que coach à des conférences internationales.

Comment se comporte votre équipe dans le championnat et quelles sont vos ambitions ?

Mon équipe a traversé plusieurs difficultés au
cours de ces dernières années dues notamment aux mouvements de la présidente hors du continent pour des raisons de service et à d’autres raisons que je ne vais pas évoquer ici. Elle a touché le fond, car pour une équipe qui est le phare du Faso foot féminin, descendre en division inférieure, était un coup dur. Mais de nos jours, elle a un meilleur visage, grâce notamment au dynamisme du nouveau président, à sa qualité de rassemblement et d’écoute. Elle est en passe de retrouver la division 1. À Princesses FC, nous voyons grand et on s’est donné un cahier de charge très exigeant. À court terme, nous voulons retrouver l’élite et redonner à cette équipe sa majesté.

Quels genres de motivations accordez-vous à vos joueuses ?

Au Princesses FC comme dans la plupart des équipes féminines au Burkina Faso les joueuses sont amatrices. Elles épousent le projet de l’équipe plutôt que l’aspect financier même si quelque chose est fait en ce sens pour elles. Chez nous, sport et études doivent aller de pair. Celles qui réussissent dans les études sont récompensées. C’est ainsi qu’après le Bac, certaines ont obtenu des bourses sport-études en Algérie ou aux États-Unis, dont Alima Rabo qui a été la meilleure buteuse et joueuse du championnat universitaire de la saison 2018.

Avez-vous des motifs de satisfaction dans votre management ?

Les motifs de satisfaction ne manquent pas. On a pu repartir d’en bas pour avoir une équipe solide aujourd’hui. On a aussi pu mesurer nos compétences avec celles d’une quarantaine d’autres pays lors du Festival de football féminin en juillet 2015 à Berlin, avec en prime une 3e place et la meilleure gardienne du tournoi.

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