in ,

Défilé d'albinos

Yan Mambo a créé l’événement samedi 24 octobre. C’est lui qui est derrière le défilé de mode unique en son genre qui a eu lieu à Kinshasa. Le réalisateur congolais a mis en place ce défilé mettant en scène une vingtaine de mannequins atteints d’albinisme, en partenariat avec la chaîne de télévision congolaise B-One. A l’origine, l’événement a été élaboré dans le but de mettre en valeur une forme de beauté jugée atypique, mais surtout pour chercher à changer le regard de la société congolaise envers les albinos.

 “Ndundu”et fiers

En lingala, on les appelle les “ndundus”. Les albinos n’ont jamais autant occupé le devant de la scène qu’en cette année 2015. Surtout depuis le 13 juin, date à laquelle l’ONU a décidé de lancer la première journée internationale de l’albinisme.

En République Démocratique du Congo, ce n’est pas la première fois que les personnes atteintes d’albinisme font l’objet d’une attention toute particulière. Fin août 2015, la première édition d’un festival destiné à lutter contre les discriminations faites aux albinos a eu lieu dans la capitale.

Derrière l’organisation de ce festival comme derrière le défilé de mode du week-end dernier, on retrouve un homme: Yan Mambo. Ce congolais s’est donné pour mission de lutter contre la ségrégation dont sont victimes les albinos congolais au quotidien. Si cette cause lui tient particulièrement à coeur, c’est parce qu’il est lui même albinos.

Sur le podium samedi dernier, une vingtaine de ndundus filles ou garçons ont défilé. Pour le stylisme, Yan Mambo a choisi de faire appel à Fifi Bashala de la marque Bitshilux Mode. Parmi les mannequins d’un jour, il y avait une tête connue. Celle de Serge Kanyinda, 23 ans, apperçu dans le film Rebelles de Kim Nguyen qui porte sur les enfants soldat.

Au total, 5000 dollars auront été déboursé pour la mise en place de ce défilé. Investir pour changer la perception des albinos en Afrique semble être important. Encore aujourd’hui, dans certains pays africains les albinos sont perçus comme étant porteurs de malédictions. Trop souvent ils sont mutilés ou victimes de rituel et de massacres.

@Cynthia_Mongo

Facebook Comments

Vous aimez cet article ?

Written by Roger Calmé

Majda Sakho

Les 3 voix du gospel réunies à la Martinique