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Découvrez la pétillante Pamela Badjogo, finaliste du Prix Découvertes RFI 2016

Pamela Badjogo fait partie de ces nouvelles voix AfroJazz qui ne peuvent pas passer inaperçues. Sa source d’inspiration : Dee Dee Bridgewater, avec qui elle a d’ailleurs pu collaborer comme choriste. Gabonaise d’origine, installée au Mali, à Bamako, depuis plus de dix ans, cette jeune femme pétillante et déterminée a prêté sa voix à de nombreux artistes comme  Salif Keita, Cheick Tidiane Seck, Tiken Jah Fakoly, ou Danakil. Aujourd’hui, elle entame sa carrière solo avec son premier album “Mes couleurs”, et non sans succès. Elle a en effet été finaliste du Prix Découvertes RFI 2016. Egalement engagée, elle lutte contre les violences faites aux femmes via le collectif les Amazones d’Afrique.

Ton premier album s’appelle « Mes Couleurs ». Est-ce une ode à ta diversité ?

Mon album s’appelle “Mes couleurs”, car il reflète d’abord la diversité des genres musicaux. Il est représente aussi la diversité de mes différentes expériences musicales que j’ai acquis au fil de mes collaborations avec des types de musiciens variés.  Mais c’est aussi la diversité de ma propre famille que j’ai fondé.

Tu fais partie des dix finalistes du Prix Découvertes RFI 2016. Que représente ce concours pour ta carrière ?

Je suis déjà reconnaissante d’arriver à ce stade. Je n’avais pas souhaité postuler, car je ne me sentais pas encore prête. C’est mon manager qui l’a fait pour moi. Je suis donc déjà ravie de faire partie des finalistes. Ce concours est un tremplin dans le sens où mon prochain album pourra être élaboré dans un beau studio. Peut-être que je pourrai bénéficier d’une formation de jazz classique. Et puis, cela nous permettra d’avoir une visibilité de rockstar (humour).

Dee Dee Bridgewater est une référence à tes yeux. Pourquoi ?

J’ai pu la découvrir lorsqu’elle est venue enregistrée son album au Mali. J’ai vu en elle beaucoup d’humanité. Et elle a un spectre  de voix extrêmement large. Je trouvais extraordinaire le travail qu’elle faisait avec sa voix, la facilité avec laquelle elle peut jouer avec ses cordes vocales. Elle m’a donné envie de faire du jazz.

Le Mali est désormais ta terre d’adoption. Pourquoi avoir choisi ce pays ?

Je suis arrivée au Mali il y a 11 ans, au départ pour poursuivre mes études en microbiologie. Et puis, c’est sa richesse musicale qui m’a également attirée. J’ai commencé la musique au Lycée. En 2001, j’ai joué dans un band qui s’appelait “Couleurs” et j’ai fait plusieurs featurings avec des rappeurs.

Tu t’es engagée dans la lutte contre la violence avec le collectif les Amazones d’Afrique. Pourquoi avoir choisi de te lancer dans ce combat ?

Les inégalités entre les sexes sont très présentes en Afrique de l’ouest. Et on arrive dans un moment où les autorités politiques sont prêtes à nous accompagner pour améliorer la situation. On s’est dit que la musique était le meilleur moyen de faire passer le message. Nous avons alors fait un album dans lequel les chansons abordent les différents types de violences faites aux femmes, que ce soit la violence physique, l’excision, etc. Lors de nos concerts, nous n’hésitons pas à faire des interludes lors desquels nous sensibilisons ceux qui nous écoutent. Parce qu’en fait on a compris que la musique adoucit les mœurs. Le but est aussi de montrer à toute une population que notre arme c’est le micro et que grâce à cela nous allons réussir à montrer que nous ne sommes pas des sous-êtres.

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Faisons un peu plus connaissance.
Quel mot te caractérise le mieux ?
Le courage.

Quelle personne rêves tu de rencontrer ?

Une seule seulement ? C’est pingre. Dans l’immédiat, je souhaiterais rencontrer Zaz. J’aime bien son histoire.

Et, a contrario, quelle personne rêves-tu de ne jamais rencontrer ?  

J’ai le droit de le dire ? (rire).  Nicolas Sarkozy.

Ton plus beau souvenir sur scène ?

C’est cet été lors de ma tournée en Europe, à Chalon-sur-Saône. Pendant que je jouais, les gens se sont mis à chanter alors qu’ils ne me connaissaient pas. J’ai eu une vision de ce que cela pourrait donner plus tard et c’était extraordinaire !

Si on te dit artiste africain(e), à qui penses-tu en premier ?
Cheick Tidiane Seck, sans aucune hésitation.
Ton expression africaine préférée ?
C’est pas dans ma bouche tu vas manger piment.

Si tu devais changer quelque chose dans ton quotidien. Que serait-ce ?

Rien de précis. Que mon quotidien soit comme j’ai envie qu’il soit.

Et finalement, un message à faire passer aux femmes du continent ?

J’aimerais dire aux femmes qui n’ont pas encore compris que nous avons le libre-choix et donc le droit de dire oui ou non. On peut sensibiliser, on peut inviter les politiques à s’engager, si les femmes ne prennent pas les décisions elles-mêmes, rien n’avancera.

 
Par Céline Bernath
 

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Written by Roger Calmé

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