in

Cannes : Makan Nathan Diarra, 14 ans, est la révélation de « Wallay » !

Après une première mondiale à la Berlinale, Wallay, réalisé par Berni Goldblat, a été projeté hors compétition au FESPACO et dans « Cannes Ecrans Juniors » au Festival de Cannes.
Wallay raconte l’histoire d’Ady, jeune français de 13 ans, issu d’une banlieue lyonnaise, qui glisse peu à peu dans la délinquance. Son père décide de l’envoyer au pays, au Burkina Faso. Commence alors un voyage initiatique pour ce jeune garçon qui, au contact de sa grand-mère (interprétée par Joséphine Kaboré) et de son oncle (Hamadoun Kassogué) dont la mission est de le ramener sur le droit chemin, découvre une partie de lui, de ses origines dont il ignorait tout. Récompensé par plusieurs prix, le réalisateur Berni Goldblat aborde avec brio la quête identitaire de jeunes issus d’une double culture et l’instabilité comportementale que peut provoquer le manque de connaissance de soi et de ses racines. Amina est allé à la rencontre de Makan qui à tout juste quatorze ans, a déjà tout d’un grand acteur.
Wallay sortira en salles le 28 juin.
Comment avez-vous abordé le rôle d’Ady ?
J’ai tout de suite essayé de me mettre dans la peau du personnage. J’avais une coach, qui s’appelle Françoise, qui m’a beaucoup aidé à apprendre le scénario. Avec Ibrahim Koma (Jean, le cousin d’Ady), nous répétitions deux fois par semaine chez elle.
A tout juste 13 ans, jouer le rôle principal dans un film, ça doit être compliqué ?
Je pensais cela au début, mais je me suis vite habitué au rythme des répétitions et au volume des textes à apprendre. J’étais intéressé par l’histoire du film, je n’ai donc pas eu de problème à mémoriser le scénario.
Quelle est la plus grande difficulté que vous avez rencontrée sur le tournage ?
La chaleur. On a tourné en mars dernier, dans plusieurs villes du Burkina Faso (Gaoua, Bobo-Dioulasso, Kompienga), il faisait parfois 50 degrés. C’était une chaleur asphyxiante.
Issu d’une banlieue lyonnaise, Ady ne connaît rien du pays de son père jusqu’à ce qu’il voyage de l’autre côté de la méditerranée, se confrontant aux traditions et la culture burkinabé. Comment avez-vous abordé la dimension initiatique, la quête identitaire de votre personnage ?
Je me suis totalement adapté au personnage. Je suis moi-même issu d’une double culture (franco-malien), j’ai grandi dans une banlieue parisienne. Je ne suis allé que deux fois au Mali, à deux et quatre ans, j’en garde des souvenirs lointains. J’aimerais aujourd’hui y retourner. Contrairement à Ady, qui a une mère décédée et un frère en prison, j’ai un environnement familial stable. Sur le tournage, ça m’arrivait d’oublier le scénario, dans ces cas-là, j’utilisais mes propres mots pour donner la réplique aux autres acteurs (Hamadoun Kassogué, Joséphine Kaboré, Ibrahim Koma).
Qu’avez-vous appris de votre première expérience en tant qu’acteur ?
J’ai découvert ce qu’était un tournage, les castings, la relation entre le réalisateur, les acteurs et les techniciens. J’ai vraiment apprécié de jouer dans ce film, ça m’a donné envie de continuer dans le cinéma. Je viens d’ailleurs de finir un tournage d’un court-métrage de Pierre Boulanger.
Comment avez-vous intégré le casting de Wallay ?
C’est un ami de mon quartier qui m’a dit qu’il y avait un casting de film où ils recherchaient un garçon métis. Mon ami apparaît au début du film, dans la scène tournée en banlieue lyonnaise. J’ai donc passé le casting, ils m’ont rappelé quelques jours plus tard pour me dire que j’étais pris.
La relation d’Ady avec son oncle est compliquée. Ady se rebelle face à l’autorité de son oncle, qui tente désespérément de lui inculquer les valeurs de respect et l’amener sur le chemin de l’âge adulte. Comment avez-vous travaillé cette relation ?
Hamadoun Kassogué, qui joue l’oncle, est un comédien de théâtre, son jeu m’a beaucoup aidé dans nos scènes à deux. Il jouait parfaitement bien l’oncle énervé par l’attitude de son neveu, ce qui a beaucoup facilité mon jeu.
Le tournage a duré seize semaines.
Comment avez-vous fait pour suivre vos études pendant cette période ?
J’avais une préceptrice qui me donnait des cours pendant le tournage. J’ai quand même redoublé à la fin de l’année. Il rit.
Par Maya Meddeb

Facebook Comments

Vous aimez cet article ?

Written by Roger Calmé

Fadily Camara : L’humour s’invite au Festival de Cannes !

Le Gombo, un allié incontestable pour notre santé