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BLACK BARBIE

Des poupées africaines qui parlent et s’habillent africain. Depuis deux ans, Marie Abena défend cette idée toute simple. On est en Afrique et nos rêves nous ressemblent.

Au commencement de l’histoire, trois petites filles et leur maman. S’il y a aujourd’hui une boutique à Bonamoussadi (Douala), que sa société vende au Sénégal, en Côte d’Ivoire et en Europe, la raison de tout ça, « elle est d’abord la question qu’une maman se pose, avec ses filles, qui veulent jouer. J’ai pensé très fort que l’on devait faire quelque chose. Je veux dire, les petites filles s’identifient à leur poupée. Et je pense qu’une poupée Barbie, blonde, toute fine, ce n’est pas le message qui convient. »

Il y a deux ans, Marie Abena a donc décidé de fabriquer des poupées. D’authentiques créations africaines, faites pour les petites filles du Continent. Sur ses étalages, des dizaines de personnages, dans toute une diversité d’habillements, robes et tenues pagnes, jusqu’au tissu de la dernière « Journée de la femme », sortie des ateliers de la Cicam, la société nationale textile.

« Ce que je voulais déjà c’était une poupée qui ait notre peau, nos cheveux… et nos formes. Parce que c’est éducatif. J’ai commencé par l’habillement. Mes filles adoraient, et les gens qui les voyaient aussi. L’idée est venue comme ça. » En 2018, elle s’adresse donc à un fabricant chinois, capable de travailler sur un design africain. Les cent premières pièces sortent… et l’évidence économique est claire. Pour avoir un prix de revient attractif, il faut produire beaucoup plus.  

Métisses et albinos, les différences se valorisent
Le petit coup de pouce viendra d’une foire commerciale où exposent de jeunes entrepreneurs. Le responsable du Carrefour Douala la remarque et lui propose un bout de rayonnage. La visibilité n’est plus la même. En quelques jours les poupées sont toutes parties. Aujourd’hui, ce sont 10 000 produits qui ont été vendus. Et le marché ne se limite plus au seul Cameroun.

« Ce ne sont que des poupées, mais elles valorisent la différence, elles aident les enfants à mieux se considérer.  » Marie Abena

« Bien sûr, on ne va pas concurrence Mattei », sourit-elle. L’entreprise n’en génère pas moins une douzaine d’emplois. En période haute (fêtes), sept ouvrières sont à l’atelier et cousent le wax. Se pose donc la question de différencier les modèles. Il y a quelques mois, Abena Dolls a sorti une poupée albinos et un modèle métisse.

« Des enfants qu’on montre du doigt, qui n’ont pas confiance en eux-mêmes. Ce ne sont que des poupées, mais elles valorisent la différence, elles aident les enfants à mieux se considérer. » Marie montre des photos, pour illustrer ses propos. Une foire locale, un modèle sous la Tour Eiffel, un autre dans une rue d’Abidjan. Ses filles aussi et la dernière, aux côtés de son mari, Joseph, qui participe activement dans le business plan. Deux jeunes Camerounais, plutôt heureux… une poupée dans les bras. « Notre petite dernière ».

Masha Leboang

Abena Dolls
www.abenadolls.com
Tél. : (00 237) 697 33 77 17.

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