in

"Bamboula", un terme à l'origine synonyme de liberté

Avant d’être une insulte considérée comme raciste, le terme « Bamboula » recouvrait une réalité plus positive et valorisante, ancrée dans les traditions africaines ancestrales. Retour sur les origines de ce mot.

Bamboula est dérivé de kam-bumbulu et ka-mombulon, qui signifiaient “tambour” dans les langues sarar et bola parlées en Guinée portugaise, l’actuelle Guinée-Bissau.

Sa forme actuelle apparaît pour la première fois dans une chanson haïtienne à Saint-Domingue en 1757. « Bamboula » devint alors une danse exécutée au rythme d’un tambour éponyme, lors de rassemblements ou de cérémonies des africains captifs. La Bamboula est une danse où les danseurs ont une expression très grave. Les mouvements sont très frénétique, il y a beaucoup de sauts, de chant et où les pieds bougent d’une manière jamais vu auparavant. Quand un des danseurs tombe, il doit sortir du rond et un autre entre dans celui-ci. Les musiciens sont aussi placés en rond et jouent une mélodie bamboula qui a un rythme très précis.

Plus tard, la « Bamboula » s’exporte aux États-Unis, à travers la Louisiane, du fait de la déportation d’ Africains à la Nouvelle-Orléans au cours du XVIIIème siècle avec l’arrivée des colons français réfugiés (migrants) de l’île de Saint-Domingue, surtout après la Révolution haïtienne. Là-bas, les esclaves avaient l’habitude de se réunir sur le « Congo Square » (la Place Congo)dans le quartier de Tremé au nord du « French Quarter »de la Nouvelle Orléans afin de communier en dansant sur ce rythme venu d’Afrique.

Congo-early

A cette époque, les esclaves étaient bien loin de se douter qu’en dansant la « Bamboula« , ils jetteraient, à Congo Square, les bases de la culture afro-américaine. Rapidement, ces manifestations culturelles originaires de la Terre-Mère devinrent une véritable attraction touristique. En effet, de nombreux visiteurs affluaient de toutes parts afin d’assister à ce spectacle surprenant de danse et de musique noires. Encore aujourd’hui, les rythmes d’antan, qui résonnaient depuis la Place Congo, peuvent être entendus lors de funérailles ou de Mardi Gras, à la Nouvelle-Orléans.

 bamboula_

Le sens s’étend à nouveau pour désigner des personnes, en particulier durant la première guerre mondiale, où l’argot des tranchées appelle ainsi les tirailleurs sénégalais.

Puis, le terme bamboula devint suspect. En témoigne la soudaine disparition, il y a une vingtaine d’années, des biscuits au cacao Bamboula, dont la publicité montrait un enfant noir fort déluré.

bamboula1

Ainsi, avant que « Bamboula » ne prenne des revers péjoratifs et un sens raciste, il est important de rappeler que ce terme fut avant toute chose synonyme de liberté et de reconnexion aux ancêtres.

Par Céline Bernath

Facebook Comments Box

Vous aimez cet article ?

Written by Roger Calmé

Lancement du plus grand concours culinaire ivoirien, les "Abidjan Restaurant Awards"

Et si vous testiez le masque hydratant profond à l'avocat et à la banane?