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ARRESTATION DE ROKIA TRAORE

Actuellement incarcérée à Fleury-Mérogis, la chanteuse malienne dénonce une justice à deux vitesses. Elle a débuté depuis 48 heures une grève de la faim.

On commence à en savoir un peu plus dans l’arrestation de Rokia Traoré, le 10 mars dernier, à sa descente d’un avion en provenance de Bamako. Radio France International donnait l’information dès jeudi, précisant qu’il s’agissait d’un mandat d’arrêt européen émis par un juge belge. Il est lié à un litige sur la garde de sa fille, née de père belge. Selon l’avocat de la chanteuse, Me Kenneth Feliho, « le jugement rendu fin 2019 exigeait d’elle la remise de l’enfant de cinq ans à son père. Une décision que Rokia Traoré conteste depuis le départ, s’agissant d’ « une garde exclusive »».

L’avocat explique également que la chanteuse avait interjeté appel du jugement de première instance. « C’est incroyable que le juge belge ait décidé que le lien de rattachement (de l’enfant) soit la Belgique, alors que son père vit à Marseille », dans le sud de la France, poursuit-il dans un communiqué.

Une grève de la faim et 12 000 signatures de soutien.
Depuis deux jours, l’artiste malienne a débuté une grève de la faim. Elle s’en explique sur son compte Facebook : « J’ai entamé une grève de la faim (…) afin que me soit accordé un procès équitable en Belgique et pour que le mandat d’arrêt européen ne soit pas injustement appliqué ».  Elle s’insurge notamment sur le fait que la non-présentation d’enfant ait été transformée en un chef d’accusation incluant « séquestration, prise d’otage et enlèvement », pour permettre l’émission d’un mandat d’arrêt international. Il faut également savoir que cette séparation d’avec son ancien compagnon nourrit d’autres procédures. Une plainte a été déposée en France et au Mali pour des attouchements sexuels. La raison du refus de Rokia Traoré de remettre l’enfant au père.

L’arrestation de Rokia Traoré et son incarcération à Fleury-Merogis ne reste pas sans écho. De nombreux soutiens se sont prononcés, et la pétition qui circule a déjà rassemblé 12 000 signatures. De son côté, le gouvernement malien a réagi samedi après-midi par la voix de son porte-parole, Yaya Sangaré, qui affirme suivre de près l’évolution de l’affaire. Rokia Traoré, connue pour son engagement auprès des réfugiés, nommée ambassadrice de bonne volonté  par le HCR en 2016, dénonce un acte raciste.

« Nous ne sommes pas égaux en droit international, poursuit-elle. Les droits d’un ressortissant d’un pays en développement pèsent moins sur la balance devant ceux d’un “développé”. »

Mira Wangara
Photos DR

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Written by Roger Calmé

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