Viol sur mineurs au Congo

Depuis maintenant deux ans, les habitants de Kamuvu vivent dans la peur, pour cause, de nombreux cas de viols de petites filles et parfois même de bébés, ont été recensés. Pour rappel,Kamuvu est une bourgade située  à l’Est du Congo, plus précisément au bord du lac Kivu, en face du Rwanda.

La mission de stabilisation de l’ONU, la Minusco, placée non loin de Kamuvu, fait état d’une ville avec un fort taux de criminalité et un taux d’alphabétisation faible. Sa population est composée en majorité de réfugiés ayant quittés leurs villages afin de se soustraire au contrôle des milices. Les fillettes sont enlevées en pleine nuit et ramenées au petit matin si elles ont toutefois survécues. Le Dr Denis Mukwege, reconnu sur la scène internationale pour son engagement dans la prise en charge et la réparation des victimes de violences sexuelles, a évoqué ces faits effroyables lors de son intervention au Parlement européen le 26 novembre dernier. En effet, il dirige l’hôpital de Panzi à Bukavu, ville voisine. L’an dernier, il a dû pratiquer des chirurgies lourdes sur pas moins de trente-cinq petites filles originaires de Kamuvu, âgées de 6 mois à 11 ans.

La population quant à elle, montre du doigt les soldats démobilisés de l’armée congolaise ou des milices. Comme l’explique le Dr Mukwege lors de son discours au Parlement européen : « Même s’ils reviennent à une vie civile et normale, ils sont dans l’incapacité de s’adapter totalement et commettent, de temps en temps, des actes barbares, des atrocités ». A noter aussi que les démobilisations de ces soldats ne sont malheureusement pas accompagnées d’un suivi psychologique en faveur d’une réintégration civile réussie.

Même si les coupables sont désignés, il n’en demeure pas moins que le système judiciaire est quelque peu défaillant. Les militants des droits de l’homme et les travailleurs des ONG, expliquent que la non identification des responsables de ces viols résulte de la peur des habitants à faire confiance à une police et une justice aisément corruptibles.

Néanmoins, le 6 avril dernier, Jeanine Mabunda, représentante du gouvernement sur la question des violences sexuelles, a annoncé que son bureau sollicitait une enquête auprès de ministère de l’intérieur en vue d’une procédure judiciaire coordonnée au niveau national. « La population est en colère. Nous allons travailler ensemble et faire tout ce que nous pourrons pour détenir et traduire en justice quiconque a commis ces actes horribles » a-t-elle déclarée lors d’une conférence de presse.

Par Auzouhat Gnaoré

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