Au Sénégal, Awa Marie Coll Seck plaide pour une meilleure prise en charge de la dépression

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La dépression toucherait près de 320 millions de personnes dans le monde, dont environ 30 millions en Afrique. Encore peu acceptée sur le continent, elle est pourtant bien un problème de santé publique. « Bien qu’elle diffère d’une société à une autre, elle renvoie dans notre pays à une situation de crise aboutissant à la stigmatisation », a relevé la ministre sénégalaise de de la Santé et de l’Action sociale, Awa Marie Coll Seck, à l’occasion de la journée mondiale de la Santé. La ministre a attiré l’attention sur les causes de cette maladie et sur la nécessité d’une « assistance accrue ».

L’Oms définit la dépression comme une maladie qui se caractérise par une tristesse persistante, une perte d’intérêt et une incapacité à accomplir les tâches quotidiennes, pendant au moins 2 semaines. Alors qu’en Europe, cette maladie professionnelle est désormais reconnue, en Afrique elle reste encore tabou.

A l’occasion de la journée mondiale de la santé, l’Association des femmes du ministère de la Santé et de l’Action sociale ont tenu à organiser cette journée de la santé célébrée cette année sous le thème : « La dépression : Parlons en ». Cet évènement était présidé par Awa Marie Coll Seck qui a notamment relevé la problématique de la dépression dans le travail : « Le milieu de travail est devenu, avec les nouveaux paradigmes, un lieu de forte pression morale occasionnant entre autres, un épuisement professionnel, un manque d’enthousiasme au travail et une difficulté à prendre des décisions ».

Pour la ministre de la santé et de l’action sociale, également médecin et professeure, la dépression est encore trop stigmatisée au Sénégal et pour la prévenir, il est nécessaire de mettre en place des actions. « Il est possible de prévenir et de traiter efficacement la dépression, généralement à l’aide de thérapies par la parole, de médicaments antidépresseurs ou d’une association des deux ». Et d’ajouter que « cela requiert la disponibilité de personnels qualifiés en la matière et leur prise en compte dans la planification des ressources humaines en santé ».

Awa Marie Coll Seck a par ailleurs invité le personnel de son département, particulièrement les femmes, à faire du sport, soulignant que l’activité physique a un « impact positif reconnu sur les personnes déprimées ».

Pour sa part, le représentant résident de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le docteur Déo Nshimirimana a expliqué que la dépression touche environ 322 millions de personnes dans le monde et est la principale cause d’incapacité à l’échelle mondiale. En Afrique, il a mentionné que près de 30 millions de personnes souffraient de cette maladie. Il a fait comprendre que tout le monde est exposé au risque de faire une dépression et cela concerne tous les âges, tous les horizons et existent dans tous les pays. « La stigmatisation, a-t-il expliqué, et la peur de l’isolement social empêchent les personnes affectées de se rendre dans des établissements de soins ».

Ainsi, cette journée mondiale de la santé fut l’occasion pour le gouvernement sénégalais de montrer que la dépression est une maladie universelle qui n’a pas de frontières et qui doit être acceptée.

Par Céline Bernath

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