Sembène, le tirailleur militant de la cause féminine

Écrivain, réalisateur, cinéaste…Ousmane Sembène, homme de culture, décédé à Dakar, capitale de son pays natal (Sénégal), le 9 juin 2007, a marqué son époque. Amina revisite le parcours de cet autodidacte, inlassable militant de la cause humaine, des femmes.

Auteur du « Mandat » (Prix de la critique internationale au Festival de Venise (1968), fresque de la nouvelle société sénégalaise « corrompue » après l’indépendance), Ousmane Sembène a été mobilisé par la France pendant la seconde guerre.

Né en janvier 1923, dans une famille de pêcheur, le tirailleur est originaire de Ziguinchor, en Casamance, une région située à 600 Km de la capitale sénégalaise. Il a été envoyé à Dakar, où il a fait l’école jusqu’à l’année du certificat d’étude. Sembène, 13 ans, a été renvoyé, à la suite d’une altercation avec son enseignant qu’il a giflé.

Vie syndicale intense

Retour au village natal. Il a été confié à un oncle qui va avoir une « grande » influence intellectuel sur lui. Suite au décès de son tuteur, il a exercé, à Dakar, à nouveau, des métiers tels que maçonnerie, mécanique.

Féru du savoir, de la connaissance, cet homme de culture, décédé à Dakar, le 9 juin 2007, a suit des cours du soir. Et l’essentiel de son temps, il l’a consacré au cinéma. Cinéphile a été cet écrivain d’une grande éloquence qui captait son auditoire. Verbe facile, il a observé l’activité syndicale qui s’est développée au début des années 40.

Mobilisé en 1942 au 6eme régiment d’artillerie coloniale, à l’âge 19 ans, il a participé aux campagnes du Niger, du Tchad, d’Afrique du Nord, de France.

Ousmane Sembène a créé, en 1958, la section de Marseille du Parti africain de l’indépendance essentiellement avec des dockers et des étudiants. Puis en 1959 une section du Mouvement de Libération de la Guinée portugaise et du Cap Vert. Mouvementé a été son parcours.

Militant de la cause humaine, des femmes…

Le romancier, plume pointue, imprégné des réalités de son époque, écoutait les battements de cœur de sa société. Il parlait de ses maux avec des mots justes, puissants, simples, accessibles…

Témoin oculaire de toute une série de mouvements qui ont ébranlé l’appareil colonial, démobilisé en 1946, Ousmane Sembène a participé au soutien à la grande grève des cheminots. Faits qu’il a rapportés dans son épopée « Les bouts de bois de Dieu » (deuxième production). « Le docker noir », son premier livre sorti en 1956, retrace son enfance et tout son parcours.

En 1968, dans son premier court métrage « Borom Charrette » de fiction d’Afrique noire francophone dans lequel il dénonce les tares de la bourgeoisie africaine. Trois ans plus tard, il est passé au long métrage avec « La Noire de… » L’histoire d’une domestique noire maltraitée par ses patrons…

L’écrivain était contre toute forme d’oppression. Ardent défenseur de la femme, de l’humanité, cet intellectuel révolté a mis son intellect au service de sa société, de son temps.

Pape Nouha SOUANE

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