Le Rêve Africain, dénicheur et propulseur de talents en faveur du continent

Cie ZORA SNAKE
L’Afrique fait preuve d’une richesse culturelle sans limite. Seulement, elle a du mal à dépasser les frontières. Et c’est pour faire ce pont entre le continent et l’Europe que Laetitia Normand a créé Le Rêve Africain en 2009. Un nom loin d’être anodin puisqu’il fait référence au Rêve américain. Afin de valoriser tous les types d’arts, chaque année, cette structure organise l’Afro Pépites Show, un évènement qui sert de tremplin aux artistes de tous bords.
 Valoriser les multiples talents d’Afrique
« J’ai commencé ma carrière de manager avec Doudou N’diaye Rose, un fameux batteur du Sénégal. A l’issu de ma collaboration avec lui suite à sa disparition, je me suis demandée ce que j’allais faire de mes acquis. » C’est ainsi que Laetitia Normand, frappée par la richesse culturelle et les talents africains, décide de créer Le Rêve Africain. Et le choix de ce nom n’est pas anodin : « C’est en antithèse au rêve américain, un clin d’oeil à l’Afrique qui a aussi des raisons qu’on souhaite la visiter et y vivre. C’est une façon de soutenir les valeurs qui ne viennent pas de l’occident ». Son objectif : aider tous les arts africains à se développer en créant un pont entre l’Afrique et l’Europe. Ainsi, l’association réunit des compétences de manager artistique, de gestion des entreprises, mais aussi d’informatique et commerciales. Un des membres parle cinq langues ce qui leur permet d’attaquer l’ensemble du continent.
L’Afro Pépites Show : un booster de carrière

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Chaque année, Le Rêve Africain organise l’Afro Pépites Show qui en est à sa 8ème édition. « C’est d’abord une plateforme artistique qu’on dédie à tous les art d’Afrique et tous les peuples afrodescendants », souligne Laetitia Normand. C’est ainsi que sont retenus trois projets par an sélectionnés par des professionnels comme le programmateur du Festival Only French ou l’homme de radio Jean-Marc Baehler, par exemple.
« Les trois projets sélectionnés bénéficient de notre conseil de manager et de notre réseau de communication. » Chaque artiste a alors accès au réseau Facebook et aux lettres d’information. « Pour ceux qui ne sont pas déjà managés, on leur offre accès au book booster ».  L’association constitue également un catalogue qu’elle transmet aux professionnels, producteurs, tourneurs, agents, médias, etc. En somme, elle dispose d’un réseau bien fourni.
L’inscription est simple. « Il faut juste avoir de quoi présenter son projet sur internet, une adresse e-mail, une petite biographie, le nombre de musiciens, le lieu d’habitation et une photo. »
Ghirmay Andom
Ghirmay Andom
Lorsqu’on demande si un artiste a vu sa carrière décoller grâce au Rêve Africain, sa fondatrice nous fait part spontanément du succès de l’Erythréen, Ghirmay Andom. « Une personne de l’Alliance française l’a inscrit, alors qu’il était inconnu dans son pays. Il a fini parmi les lauréats et on a pu diffuser un clip sur Vox Africa en Angleterre. Après cela, son pays en a fait une star internationale.  Seulement, il est parti chanter devant le président où il a évoqué la notion de liberté. Suite à cela, il a du s’expatrier se sentant en danger. Il est aujourd’hui entre l’Ouganda et le Soudan. Il construit sa vie artistique. Il a sorti deux clips merveilleux. »
Des lauréats aux styles éclectiques, loin des critères du grand public
Le principal critère de présélection est l’originalité. Un terme assez vaste, mais qui permet de s’ouvrir à des styles très variés. Ainsi, parmi les lauréats de l’Afro Pépites Show, on trouve tant du traditionnel que du moderne en passant par l’urbain.  » On ne rentre pas forcément dans le créneau grand public, précise cette Laetitia. Par exemple, ce que je trouve intéressant dans les musiques urbaines, c’est qu’elles traduisent une réalité dans un pays. »
Elom 20ce Photo : Juvencio
Elom 20ce
Photo : Juvencio
Ainsi, par exemple, l’année dernière, parmi les trois lauréats musicaux, on retrouve Elom 20ce, un rappeur engagé, panafricaniste, pour le moins créatif, ou encore Sahad and The Nataal Patchwork, un groupe plus traditionnel aux sonorités mêlant le blues malien, l’afrobeat, le jazz et le rock. La gente féminine a également été représentée avec la chanteuse, rappeuse et danseuse Tina Mweni, que nous avons interviewé il y a quelques mois.
« L’occident n’est pas prêt à tout véhiculer »
Comme l’explique Laetitia Normand, il est aujourd’hui facile de tout exporter avec internet pour faire voyager les gens. « C’est en terme de production que c’est plus délicat, car l’occident est fermé.  » Or, comme elle l’explique de façon assumée  » On ne rentre pas dans les cases, on a envie d’ouvrir les esprits. L’occident n’est pas forcément prêt à tout entendre et à tout véhiculer. On explique aux artistes la réalité du terrain pour qu’ils arrivent mieux à exporter leur musique. »
Cela dit, le Rêve Africain poursuit son travail avec passion et « essaye de partir sur le terrain afin d’aller toucher des villes plus reculées pour toucher des artistes qui ont envie de se développer mais qui n’ont pas les moyens, ni les outils ». De plus, l’association poursuit son travail de démarchage auprès des festivals. Et cela paye. depuis l’année dernière, Only French, nouveau partenaire, leur permet de faire venir certains artistes sur Paris.
Pour en savoir plus sur l’appel à projet actuellement en cours, c’est ICI.

 

Par Céline Bernath

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