Pour Rachida Dati, la femme occidentale a beaucoup à apprendre de la femme africaine

La députée européenne et ancienne garde des Sceaux, Rachida Dati, était invitée le 18 mars dernier au Forum de Crans Montana à Dakhla. C’est à cette occasion qu’elle nous a accordé une interview sur la place de la femme africaine dans la vie sociale et politique.  

Comment percevez-vous la place de la femme africaine dans le processus de décision aujourd’hui ?

Si nous prenons l’exemple du Maroc, la place de la femme dans la vie sociale et politique a largement avancé. Le Royaume, comme d’autres pays africains, n’a pas à rougir de ses femmes. Dans les provinces du Sud, le matriarcat prédomine, et ce dans tous les domaines. J’ai été très surprise par l’engagement de ces femmes dans tous les secteurs, et ce sans aucune inhibition. Et malheureusement, on ne parle trop peu. On doit savoir être humble car nous avons beaucoup de choses à apprendre des femmes africaines. Ces dernières n’ont rien à envier aux femmes occidentales.

Quels sont les atouts des femmes dans le cadre du développement du continent africain ?

Elles ont un rôle nécessaire à jouer dans le développement, et leur voix mériterait d’être un peu plus entendue. Une Forum comme celui-ci est un vecteur et a pour responsabilité de porter la voix de ces femmes qui se battent avec succès. Elles mènent des guerres tous les jours pour gagner des petites batailles. Et la succession de toutes ces petites batailles leur feront gagner à un moment donné la vraie guerre qui est celle de l’égalité et de la croissance, mais aussi de la lutte contre l’insécurité également. Car le monde entier est soumis à des menaces sécuritaires importantes. Et tout cela doit nous unir et non pas nous pousser à nous juger.

Vous parlez des tensions sécuritaires actuelles. La femme a-t-elle un rôle particulier à jouer à ce sujet ?

Les femmes, ici au Maroc et en Afrique, sont très engagées. Même en France lorsqu’on est une femme, on hésite à prendre la parole parfois. Lorsqu’on parle de parité, on met des femmes sur une affiche par principe, puis on oublie. Ici, j’ai découvert des femmes désinhibées. C’est quelque chose à valoriser. Elles ont une vraie liberté de vie. Et je trouve cela extraordinaire quand on voit ce qu’on vit. Quand je vois des femmes en Europe qui n’ont connu que la liberté, que le choix et qui veulent porter une burka et vivre dans une grotte, je pense qu’il y a d’autres de modes de vie pour les femmes. Et certaines femmes africaines, au Maroc ou ailleurs, sont une source d’inspiration à ce niveau.

Par Céline Bernath

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