Au Mexique, une pionnière des soins de santé transforme ses rêves en réalité

Portrait de Juana Ramirez avec sa permission

Préoccupée par le sort de milliers de patients souffrant de maladies chroniques dégénératives, comme le cancer, et convaincue qu’un traitement personnalisé de bonne qualité pourrait faire toute la différence, Juana Marcela Ramirez Bustos a passé les huit dernières années à animer Soluciones Hospitalarias Integrales (SOHIN), une start-up de services médicaux répondant de manière individuelle aux besoins de ceux qui souffrent.

Un nombre croissant d’entrepreneures mexicaines souhaitent mettre fin au modèle désuet qui destine les femmes à la maison et les hommes au marché du travail. Parmi elles, Juana Marcela Ramirez Bustos se décrit comme « une femme qui aime être une femme et a découvert que certaines vocations vont au-delà du choix. La mienne, c’est de travailler dans le secteur des soins de santé pour aider ceux qui souffrent ».

« Colombienne de naissance, mexicaine par choix », selon ses propres termes, Juana ne cache pas son amour pour le Mexique. Un pays qui, dit-elle, lui a montré que « tous vos espoirs et tous vos rêves peuvent devenir réalité ». Poussée par la violence et le taux de chômage élevé de son pays natal, elle se rend seule au Mexique en 2006 à la recherche de meilleures opportunités. Elle n’emporte que 100 dollars en poche, une valise et un visa de 15 jours.

Avec plus de 20 ans d’expérience dans le domaine de la santé publique et privée, Juana est aujourd’hui titulaire d’un MBA de l’IPADE, une école de commerce de Mexico. Mais elle ne s’est pas arrêtée là. Elle est aussi devenue une conférencière renommée, un mentor en matière de santé, d’entrepreneuriat et d’égalité des sexes, une professeure d’université et une épouse.

Juana fait preuve d’esprit d’entreprise dès son plus jeune âge. Enfant, pendant la période de Noël, elle vend des décorations maison avec son frère, qui l’aide ensuite à monter SOHIN. En juin 2009, ils se lancent avec seulement deux employés et les 89 000 pesos mexicains (3 800 euros) que Juana avait obtenus en vendant sa voiture.

L’entreprise commence par réaliser des tests génétiques pour patients atteints de cancer. Juana conserve un emploi à temps partiel afin de couvrir les coûts de SOHIN et investit la moitié de son salaire dans la start-up. Cette période est difficile pour la jeune entreprise, qui ne reçoit ni investissements, ni crédits pendant les six premiers mois. Le crédit se révèle l’obstacle majeur auquel Juana doit faire face : les investisseurs demandent même à son mari de signer ses billets à ordre, alors qu’il n’a aucun lien avec l’entreprise.

Mais rien ne l’arrête. Elle, qui se décrit comme une femme obsessionnelle et passionnée, qui croit irrémédiablement aux autres et à la possibilité d’un monde meilleur, continue à chercher des solutions pour combattre des maladies comme le cancer du sein. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cette maladie figure parmi les dix premières causes de mortalité des femmes dans le monde, devant la violence. Contre toute attente, Juana réussit. Sa start-up devient une holding sud-américaine active au Mexique, en Colombie et en Argentine. Depuis son lancement, SOHIN a fourni des services de santé à plus de 25 000 patients.

L’entrepreneure a compris que chaque patient est unique. Elle se concentre sur l’adaptation et la personnalisation d’une approche holistique du traitement des personnes touchées notamment par un cancer, l’une des trois principales causes de décès au Mexique et la cinquième dans le monde, selon l’OMS.

Au Mexique, la relation patient-SOHIN est rendue possible grâce aux accords de partenariat que l’entreprise noue avec des pharmacies, les institutions publiques et 95 % des assureurs du pays. Dans certains cas, le patient prend en charge les coûts du traitement. L’entreprise est maintenant le fournisseur exclusif au Mexique du test Mammaprint, qui permet un diagnostic génétique précis des patientes atteintes d’un cancer du sein et détermine si la patiente a besoin de chimiothérapie ou non.

Consciente que certains « types de cancer ne sont pas couverts par le système de santé » et qu’un grand nombre de personnes n’ont pas accès à l’assurance médicale, Juana crée également la Fondation Guerreros contre le cancer, une organisation qui promeut le diagnostic, l’orientation et les traitements alternatifs, ainsi que les interventions chirurgicales.

Plus qu’une entrepreneure acharnée et un peu accro au travail, cette femme de 39 ans se voit comme « une femme qui aime la musique, surtout classique, et lire des romans pour échapper un peu à la réalité ». Mais aussi comme « une femme compétitive et passionnée complètement amoureuse de son pays. Une femme dont les rêves inspirent son entourage et qui réalise ce qu’elle entreprend ».

Juana a été couverte d’éloge ces derniers temps. En 2015, elle a reçu le prix Entrepreneur de l’année de EY et a été nommée High Impact Entrepreneur par ENDEAVOR, une organisation mondiale de soutien à l’entrepreneuriat. En 2016, elle figurait parmi les 30 personnalités d’affaires les plus prometteuses de Forbes Magazine et parmi les 100 femmes les plus puissantes du Mexique. Récemment, l’Association mexicaine des industries de recherche pharmaceutique (AMIIF) lui a décerné le prix de l’Entrepreneur luttant pour donner au Mexique accès aux soins de santé. Preuve que les espoirs et les rêves se réalisent au Mexique.

http://sohin.mx/

Par Nancy Escutia et Estefanía Peñaroja pour Excélsior

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