Fadumo Dayib, une présidente en Somalie?

Fadumo Dayib, 43 ans, mère de quatre enfants, a décidé de changer les choses en se présentant à la présidence somalienne. Une première pour le pays.

C’est un projet porté par l’idéalisme même. Mais il en faut plus pour ébranler la force de tempérament de Fadumo Dayib. Une force qu’elle tire d’un parcours plus qu’exceptionnel. Première survivante d’une fratrie de onze enfants,  Fadumo Dayib connaît l’exil dès la naissance au Kenya où elle voit je jour. Expulsée de ce pays avec sa famille, elle retourne quelques années plus tard en Somalie. Elle y séjourne sous le statut de réfugiée avant de plier encore une fois bagage, pour fuir son pays en conflit. Direction la Finlande, où elle réside encore aujourd’hui. Elle y apprend à lire et à écrire à l’âge de 14 ans. A force de travaille et de détermination, Fadumo Dayib décroche trois masters en Santé Publique et en Développement International. Elle prépare en ce moment un doctorat à l’université d’Helsinki.

En 2005, Fadumo Dayib retourne encore une fois en Somalie, travailler pour le compte de l’UNICEF. Les fortes inégalités qu’elle y constate la révolte. C’est ainsi qu’elle décide de briguer la magistrature suprême pour apporter une contribution concrète au développement de la Somalie. Elle promet de ramener la stabilité à son pays en revalorisant les salaires des forces armées et policières afin de faire reculer la corruption et de porter une attention particulière à l’éducation des jeunes, afin de les détourner des filières terroristes. Pour ce faire, Fadumo Dayib compte redistribuer différemment les 65 millions de dollars d’aides apportées chaque année au pays. Un pari farfelu pour les observateurs locaux d’autant plus qu’elle ne bénéficie d’aucun soutien de la part des clans très respectés sur le terrain.

Pour l’heure la date du scrutin est encore inconnue à cause de l’instabilité du pays. De plus la désignation du futur président par le suffrage universel ou le parlement fait encore débat. Fadumo Dayib, elle, compte bien éveiller les consciences par son action, démontrant ainsi la force de caractère des somaliennes malheureusement absentes de la scène politique.

Par Auzouhat Gnaoré

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