L’avortement

Malgré la politique stricte et à double tranchant du gouvernement, près de 52 000 grossesses font l’objet d’avortements clandestins, dont 16 700 complications se soldent par 400 décès chaque année.

 L’usage de contraceptif reste encore minoritaire au Sénégal. Malgré une hausse passant de 16% en 2008 à 20% en 2014, un quart des sénégalaises mariées se disent désemparées de ne pouvoir planifier l’élargissement de la famille, estimant en moyenne avoir deux enfants de plus qu’elles ne le désirent (5,0 par rapport à 3,2 en 2011).

 Publiée récemment par l’agence américaine Guttmacher institute, l’étude révèle un taux alarmant d’avortements clandestins, la plupart du temps pratiqués dans des conditions sanitaires déplorables.

La moitié de ces femmes souffriraient de graves complications requérant une attention médicale. Le rapport indique que 63% de ces actes sont réalisés par des personnes non qualifiées:

38% sont pratiqués par des guérisseurs traditionnels, 21% par les femmes elles-mêmes (la manière la plus meurtrière) et enfin 4% grâce à l’usage de médicaments ou autres drogues.

 La femme rurale plus durement touchée par le phénomène

 Si 73% des femmes pauvres habitant en milieu rural souffrent de complications liées à l’avortement, 35% seulement des citadines en sont atteintes.

 Bien que les chiffres fassent froid dans le dos, le Sénégal reste un exemple en matière de lutte contre l’avortement clandestin. On recense 17 cas sur mille alors que le continent africain frôle les 30 sur 1000.

 Dakar, capitale de l’avortement

 Au regard des autres régions, Dakar reste la zone du pays la plus « avortogène » (21 sur 1000), s’expliquant par le fait que les femmes veulent ici à tout prix éviter des grossesses non désirées. Les femmes des autres régions se rendent également dans la capitale pour se faire avorter et obtenir des soins médicaux de meilleure qualité.

@M-R

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