L'HISTOIRE DU MAGAZINE

Amina a été crée en 1972.


Création Magazine Amina

Le magazine a donc soufflé sa trente-quatrième bougie en mars dernier. Ce qui n'est pas courant pour les magazines panafricains. Pour présenter succinctement ce magazine, nous en retracerons l'historique, pour faire ensuite le point sur son évolution tant sur le fond que sur la forme. Amina a été lancé par la Société Africaine de Publicité et d'Edition Fusionnée. C'est une souche de presse spécialisée dans l'édition et la diffusion des magazines destinés au lectorat africain francophone. Cette société a publié quatre magazines : Bingo, Amina, Afrique Industrie et Afrique Agriculture. Cette entreprise avait pris un pari audacieux car à l'époque, l'Afrique était souvent sous l'emprise de régimes dictatoriaux. Avec un régime différent, le Sénégal fut le berceau de la revue qui y eut un siège pendant plus de trois ans, avant de s'installer à Paris en 1975. La SAPEF a cédé par la suite la plupart de ses actifs pour ne garder qu'Amina. La diffusion s'est étendue au public antillais, aux Antilles et en Amérique, puis à la communauté afro-antillaise en Europe.

L'idée d'un magazine pour les femmes noires naquît en 1970. "Un ami publiait Drum, un journal combatif anglophone contre l'apartheid. Ce groupe éditait des romans photo que j'ai fait traduire" raconte Michel de Breteuil, le directeur de publication d'Amina. Il lance ensuite plusieurs titres féminins, notamment Awoura pour la Côte d'Ivoire, Akouavi pour le Bénin et le Togo, Wife pour le Cameroun, Mwasi pour le Congo et Amina pour les autres pays. Toutes les éditions sont réunies en une seule qui prend le nom d'Amina.


A l'origine - du premier au treizième numéro - Amina n'a qu'un roman-photo de trente-deux pages en noir et blanc. Seules la "une" et le quatrième de couverture étaient imprimées en quadrichromie. C'est le brillant succès d'une série de ces romans qui a promu l'idée d'une publication régulière.Aujourd'hui encore, le roman photo occupe de huit à dix pages du mensuel.


Le numéro un coûtait 100 Francs CFA et montre à la une une jeune femme. Yeux écarquillés, main gauche sur la joue et tout près, le titre "Mon rêve pourra-t-il se réaliser ?" L'indication qui accompagne le logo est la suivant : Revue de la femme. Dans le tout premier éditorial, Simon Kiba écrit : « Aujourd'hui au Sénégal, la femme prend part à toutes les activités. C'est pour cela que cette revue qui est faite pour elle doit également être faite par elle. La femme sénégalaise est prête à construire un pays moderne. Ce noble but de la construction nationale est aussi celui de la revue. Elle remplira son rôle en vous distrayant et en vous informant. Mais les femmes sénégalaises voudront certainement ici donner des conseils à leurs soeurs et qui sait...aux hommes. Nous prouverons ensemble que, de la femme au foyer à la femme docteur en droit, nous nous trouvons devant des "hommes" prêts à donner le meilleur d'eux-mêmes pour leur pays. » En clair, il manquait aux femmes un organe d’informations correspondant à leurs aspirations. Leur attente n’aura pas été vaine. Pour le magazine Amina qu’elles découvrent un matin de 1972 dans les kiosques, les femmes commencent à exprimer ce qu’elles ressentent et ce qu’elles sont.


Par rapport à ses débuts, le magazine a beaucoup évolué. Il est passé de trente-deux pages à 196 pages pour la plupart des éditions. L’ancien titre Amina s’est enrichi d’un sous-titre fort significatif : le magazine de la femme, ce qui éclaire les objectifs que s’est fixé le magazine. Au départ, elles reprennent le roman photo. Aujourd’hui, elles montrent les visages féminins. Les frais d’expédition étant élevés, il a fallu au début le publier en papier bible. Aujourd’hui, grâce à un tirage plus important et aux revenus publicitaires, Amina est édité en 51 grammes quadri comme la plupart des magazines tout en conservant une politique de prix raisonnable (2 € seulement).


Depuis 1989 paraît l’édition « Métro », qui se concentre sur l’actualité (associations et vie culturelle) des communautés africaines et antillaises d’Europe.


Amina bénéficie d’une audience internationale. Le magazine est acheminé vers l’Afrique soit par bateau soit par avion. Il est également distribué en France, aux Antilles, en Belgique, au Luxembourg, en Suisse et au Canada. Sa distribution atteint 81 000 exemplaires par mois.


Le premier article d’Amina s’intitulait « femmes et vie active ». Le ton de l’émancipation était donné. Le magazine se présente comme un organe de défense et de propulsion de la femme noire de demain. Mais il ne s’agit pas que du continent africain puisque Amina exprime sa volonté de représenter la femme noire dans sa globalité. Il s’adresse également aux communautés noires francophones dans les pays où sa présence est significative. Son objectif principal est d’assurer et de soutenir la promotion sociale des femmes dans un contexte familial et professionnel.


Amina est le premier magazine en termes de ventes et le plus ancien sur le marché. Il jouit donc d’une solide réputation .De plus, le prix demeure modéré, ce qui est un critère déterminant. Amina est un magazine dont le succès vient du fait qu’il ne prend pas position.


Amina tend son micro à des femmes, de la vendeuse de beignets au coin de la rue à la première dame de la République, il donne la possibilité à chacune de s’exprimer. Avec à son actif trois éditions, Amina parle aux femmes de chaque coin et recoin de la planète. Il les aide à résoudre les problèmes d’intégration pour les communautés noires de l’Europe par exemple.

pagerank